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Don de sang : Un pilier silencieux du système de santé

  • 15 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Donner son sang, c’est offrir une chance de vivre



À Maurice, le don de sang reste l’un des gestes les plus essentiels, mais aussi l’un des plus méconnus. Derrière chaque poche collectée, il y a une réalité simple : des vies sont sauvées chaque jour grâce aux donneurs volontaires. Pourtant, malgré son importance vitale, le don de sang demeure confronté à des défis récurrents, notamment lors des périodes où les besoins augmentent et les réserves s’amenuisent.


Selon le Dr Rishi Seesaha, secrétaire de la Medical and Health Officers Association (MHOA), la demande est constante et élevée : 12 à 15 personnes ont besoin de sang chaque jour dans les hôpitaux publics. « Nous ne parlons pas d’un besoin ponctuel, mais d’une nécessité quotidienne. Sans poches disponibles, des opérations sont retardées, et certains traitements deviennent impossibles », rappelle-t-il.


Le sang ne peut pas être fabriqué en laboratoire. Aucun substitut artificiel n’existe. C’est ce qui fait du don une ressource unique, impossible à multiplier autrement que par la solidarité.


Les patients dépendants sont nombreux :

• victimes d’accidents de la route ;

• personnes opérées ;

• patients atteints de cancer ;

• personnes sous dialyse dont l’hémoglobine chute ;

• femmes enceintes ou venant d’accoucher.


Chaque groupe sanguin compte, mais certains — comme O− — sont particulièrement recherchés car compatibles avec tous les patients en cas d’urgence.


Les périodes de fin d’année — novembre, décembre et janvier — sont particulièrement sensibles. Les urgences augmentent, tout comme les besoins en transfusions. Les collectes mobiles, organisées dans les entreprises, universités ou centres commerciaux, sont indispensables. Mais même avec ces efforts, les chiffres restent fragiles.


D’autant plus que 20 à 25% des poches collectées sont écartées après les analyses de laboratoire. « Cela ne signifie pas que les donneurs sont malades, mais que les tests révèlent parfois des anomalies ou des marqueurs qui empêchent une utilisation sécurisée », précise le Dr Seesaha. Ainsi, une collecte visant 100 poches ne garantit jamais 100 poches utilisables.


Beaucoup hésitent encore, souvent par peur. Peur de l’aiguille, de se sentir faible, ou de perdre trop de sang. Le spécialiste rassure : « Nous prélevons environ 7 à 8 % du volume sanguin total. Le corps le reconstitue rapidement et cela n’a aucun impact négatif sur la santé ». Qui plus est, le matériel utilisé est intégralement stérile et à usage unique.


La procédure est courte : une dizaine de minutes pour le prélèvement, une vingtaine de minutes sur place en tout. Le don peut être répété quatre fois par an pour les hommes, trois fois pour les femmes, selon les recommandations internationales adoptées par Maurice.


Un produit périssable


Le public l’ignore souvent, mais le sang est un produit à courte durée de vie :

• 35 jours pour les globules rouges ;

• 7 jours seulement pour les plaquettes, souvent utilisées pour les patients atteints de cancer.


Cela explique pourquoi les appels à la mobilisation reviennent régulièrement. Ce n’est pas un manque d’organisation, mais la nature même du produit.


Pour le Dr Seesaha, un don de sang dépasse largement la dimension médicale : « On offre quelque chose que l’argent ne peut pas acheter. Le plus beau cadeau : la possibilité de vivre. »


Un seul don peut aider jusqu’à trois personnes. Un geste simple, gratuit, sans danger, mais essentiel. Une action qui repose entièrement sur la générosité de la population.

 
 
 

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