Tamara Herminette : Quand le hasard devient destin
- 5 mars
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À seulement 18 ans, Tamara Herminette signe une entrée remarquée dans le cinéma mauricien en incarnant le rôle principal du film Mon Père. Étudiante et actrice pour la première fois devant la caméra, la jeune femme livre une performance intense et émotive, portée par une histoire profondément humaine, celle d’une enfant abandonnée puis confrontée, des années plus tard, au retour inattendu de son père.
Rien ne prédestinait Tamara à décrocher un premier rôle. Tout commence presque par hasard, lorsqu’elle tombe sur une affiche de casting sur les réseaux sociaux. Hésitante au départ, elle décide finalement de tenter sa chance, sans savoir qu’il s’agissait d’un rôle principal. « J’ai vu un numéro, je me suis dit : vas-y, tente, on verra bien », raconte-t-elle. Une photo envoyée, une localisation reçue, et la voilà en route avec ses parents, sous une pluie battante, vers ce qui allait devenir une expérience déterminante.
L’ambiance est tendue dans la voiture, l’inconnu inquiète. Pourtant, dès son arrivée, son franc-parler et son naturel marquent les esprits. Sans même savoir qu’elle s’adresse au producteur, elle lui reproche de ne pas répondre à son téléphone. Une attitude spontanée qui, selon elle, aurait contribué à la convaincre qu’elle était faite pour ce rôle.
Dans Mon Père, Tamara incarne Karine, une jeune fille placée dans un couvent dès l’âge de quatre ans après avoir été abandonnée par son père. Douze ans plus tard, ce dernier réapparaît et décide de la reprendre avec lui, sans jamais vouloir expliquer les raisons de son abandon. Arrachée à la seule famille qu’elle ait connue, Karine se retrouve perdue, en colère, déchirée entre un passé douloureux et un avenir incertain. « Elle ne sait pas qui elle est. Elle est morte de l’autre côté »,
confie Tamara, décrivant un personnage en quête d’identité, prisonnier de silences et de non-dits.
Ce rôle, malgré des répétitions en amont, n’a pas été simple à porter. Si l’apprentissage des textes ne lui a pas posé de grandes difficultés, la charge émotionnelle du personnage s’est révélée plus complexe. « Le plus dur, c’était vraiment de trans-mettre les émotions », explique-t-elle. Heureusement, elle a pu compter sur un entourage bienveillant, sur le plateau comme dans sa vie personnelle, qui l’a encouragée à se dépasser. Jongler entre les études et le tournage a aussi été un défi, mais sa détermination et son envie de réussir ont pris le dessus.
Le processus de casting, lui aussi, a été marqué par plusieurs rebondissements. Après un premier essai, Tamara apprend qu’elle n’est pas le premier choix, notamment en raison de son manque d’expérience et de son jeune âge. Pourtant, quelque chose chez elle reste dans l’esprit de l’équipe. Elle est rappelée pour un deuxième, puis un troisième casting. Lors de ce dernier, des doutes émergent quant à sa timidité apparente. Sa mère intervient alors, affirmant avec conviction que sa fille est capable d’assumer le rôle. Un soutien décisif, qui finira par convaincre définitivement la production.
Face à elle, le personnage du père est interprété par Marcio Isnard, un acteur expérimenté avec qui Tamara dit avoir pris énormément de plaisir à travailler. « C’est quelqu’un de bienveillant, jovial, un vrai soleil », confie-t-elle. Dans le film, le père cherche avant tout à aller de l’avant, à se racheter en se concentrant uniquement sur sa fille, sans jamais regarder en arrière. Une vision qui entre en collision avec les blessures encore vives de Karine, donnant lieu à une relation complexe et chargée de tension.
Malgré un budget limité et une petite équipe, Tamara se dit pleinement satisfaite du résultat final. Le tournage s’est étalé sur environ trois mois, précédés d’un mois de répétitions, avec quelques ajustements techniques par la suite. Des difficultés, des moments de découragement, mais aussi une forte volonté collective de mener le projet à terme, portée par un producteur engagé et déterminé.
À l’adresse des jeunes qui rêvent de se lancer dans le métier d’acteur, Tamara délivre un message simple mais sincère : oser. « Si vous n’avez rien à perdre, vous avez tout à gagner. Même si ça ne marche pas, l’expérience reste. » Plus largement, elle encourage les jeunes à explorer différentes activités afin de mieux se connaître et de trouver leur voie. « Pour éviter certains fléaux, il faut essayer, chercher ce qu’on aime et apprendre à se comprendre soi-même. »
Avec Mon Père, Tamara Herminette ne signe pas seulement un premier rôle, mais affirme déjà une sensibilité et une maturité prometteuses, laissant entrevoir un bel avenir dans le paysage cinémato-graphique mauricien.




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