Emmanuel Yaell Laval : Apprendre le droit pour ne plus subir
- 5 mars
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Le parcours d’Emmanuel Yaell Laval commence loin des prétoires. Né et grandi à Sainte-Croix, il découvre très tôt les limites d’un milieu modeste. Les frais des universités privées ou des études à l’étranger sont hors de portée, et il doit compter sur ses résultats scolaires pour avancer. Grâce à ses notes au HSC, il intègre le Bachelor of Law à l’Université de Maurice, où le mérite académique reste la clé d’accès.
La discipline qu’il trouve chez lui et à l’Église façonne son caractère. Enfant de chœur à la cathédrale, puis engagé dans les paroisses de Beau-Bassin, il apprend l’écoute, la rigueur et la persévérance. Ces valeurs lui permettent de rester concentré et de résister aux tentations d’un quotidien parfois difficile. « Mes parents étaient sévères, mais aujourd’hui je comprends que c’était pour me protéger », explique-t-il. Cette combinaison de cadre familial et d’éducation spirituelle devient le socle sur lequel il construit ses ambitions.
Sa vocation pour le droit naît d’une expérience concrète : un conflit de voisinage à 18 ans. Face à un sentiment d’injustice et à l’absence de réponses de la police, il se tourne vers la loi. « C’est là que je me suis dit : il faut que je connaisse mes droits », raconte-t-il. Il commence à déposer ses propres plaintes devant l’IPC et la Human Rights Commission. Ce contact direct avec le droit, vécu dans la nécessité plutôt que dans la théorie, fait naître une vocation solide.
À l’Université de Maurice, le programme est exigeant, mêlant droit civil, législations locales et influences françaises et anglaises. Emmanuel reconnaît la difficulté mais en souligne la valeur : « Le syllabus est très bulky, mais ça donne une vraie formation. » Pour lui, maîtriser le droit commun est indispensable : « La question, ce n’est pas seulement de réussir au barreau, mais de savoir ce qu’on fait après. » Cette réflexion illustre son approche pragmatique et son sens de la responsabilité dès les premières étapes de sa carrière.
Le barreau constitue l’un des défis les plus marquants de son parcours. Après sa première tentative, il échoue. « J’ai eu un aggregate C. Je me suis demandé comment c’était possible, parce que j’avais travaillé. » Refusant de céder au découragement, il place sa foi au cœur de son engagement : « J’ai gardé l’espoir. Je savais que Dieu était plus grand que cet examen. »
Son travail au State Law Office lui offre une immersion complète dans le fonctionnement du droit. Au sein de la Revision of Law Unit, il participe à la révision des lois et à l’interprétation des Acts of Parliament. Il profite également de la bibliothèque juridique pour approfondir ses connaissances. « Pendant mes temps libres, j’allais faire mes recherches. C’étaient des ressources auxquelles je n’aurais pas eu accès autrement », raconte-t-il. Ces efforts supplémentaires lui permettent de consolider sa maîtrise et de se préparer efficacement pour la suite.
En octobre 2024, son nom apparaît sur le tableau de la Cour suprême. La réussite est concrète, mais Emmanuel ne la considère pas comme une fin en soi. Son pupillage lui permet d’explorer différents domaines — droit de la famille, filiation, indivision, litiges contre l’État — et de mesurer la responsabilité qu’implique la profession. « La profession juridique, ce n’est pas seulement un métier, c’est un appel », dit-il.
Aujourd’hui, à 26 ans, il insiste sur la vocation et le service : « Il faut travailler par amour et bien servir les clients. » Il met l’accent sur l’éthique, le respect des instructions et la confiance mutuelle. « Sans vocation, on finit par prendre l’argent du client et disparaître », ajoute-t-il, rappelant que la profession repose sur la responsabilité morale autant que sur le savoir juridique.
Pour Emmanuel Yaell Laval, le message est simple mais profond : persévérer, garder la foi et avancer même lorsque le système semble fermer les portes. Non pour dominer, mais pour servir. C’est là que son parcours rejoint pleinement les valeurs d’espérance, montrant que la discipline, la patience et l’engagement personnel restent les clés d’une réussite durable et significative.




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