Tahina Andreotti Ramarolahy : La vidéo au service de la résilience
- 22 janv.
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À Fianarantsoa, au cœur des Hautes Terres de Madagascar, Tahina Andreotti Ramarolahy fait partie de cette jeunesse créative qui croit au pouvoir de l’image pour informer, sensibiliser et rassembler. Passionné de communication visuelle, et plus particulièrement de vidéo, il a récemment remporté un concours régional de la Commission de l’océan Indien (COI), mettant en lumière la résilience face aux catastrophes naturelles.
Résidant à Fianarantsoa, Tahina a suivi une formation en Communication Multimédia, un parcours qui lui a permis d’acquérir de solides bases techniques et créatives. « La vidéo a toujours été l’une de mes plus grandes passions », confie-t-il. Pour lui, raconter une histoire en images est bien plus qu’un exercice esthétique : c’est un moyen de transmettre des messages forts et utiles à la population.
C’est donc naturellement qu’il a décidé de participer au concours régional de la COI. « J’ai immédiatement pensé que ce concours représentait le moment idéal pour concrétiser un projet qui me tient profondément à cœur », explique-t-il. Au-delà du cadre compétitif, Tahina voit cette participation comme une étape dans un projet de vie plus large. Il porte une vision qu’il souhaite atteindre dans les prochaines années, et il est convaincu que ce type d’initiative peut l’aider à avancer plus rapidement sur ce chemin.
Sa vidéo, intitulée « Préparés et solidaires, nous restons en sécurité », repose sur un concept volontairement simple et accessible. L’objectif est clair : permettre à toute personne, quel que soit son âge ou son niveau d’éducation, de comprendre le message. À travers cette réalisation, Tahina a également souhaité mettre en valeur la vieille ville de Fianarantsoa, en montrant la réalité locale telle qu’elle est vécue au quotidien. Une approche ancrée dans le réel, loin des discours abstraits ou déconnectés du terrain.
Le choix du thème de la résilience face aux catastrophes naturelles n’est pas anodin. Fianarantsoa est touchée presque chaque année par des cyclones. À l’approche de la saison cyclonique, Tahina constate régulièrement la diffusion de conseils de préparation, souvent sous forme d’articles ou de courtes vidéos. « Mais ces informations restent très générales », souligne-t-il. Il a donc voulu aller plus loin, en montrant concrètement que se préparer est possible pour tout le monde.
Contrairement à certaines idées reçues, se préparer à un cyclone ne demande pas forcément de gros moyens financiers. « Il n’est pas indispensable d’avoir beaucoup d’argent, de faire de grands achats ou de faire appel à des professionnels », explique Tahina. Chacun peut agir à son échelle : constituer une
petite épargne, faire des provisions dans les commerces du quartier ou demander l’aide d’un voisin pour renforcer un toit. Des gestes simples mais essentiels, qui font une réelle différence lorsque le cyclone frappe.
À travers sa vidéo, Tahina insiste sur deux piliers fondamentaux : l’anticipation et la solidarité. « S’entraider avec ses voisins est essentiel, car l’union fait la force », souligne-t-il. Se préparer progressivement et ensemble permet d’aborder les périodes à risque avec plus de sérénité et d’efficacité.
La création de la vidéo s’est déroulée en plusieurs étapes. Tahina a d’abord couché sur papier toutes ses idées avant d’élaborer le script et les scènes. Le jour du tournage, il a pris le temps d’expliquer le concept aux deux acteurs, puis de préparer les décors et les éléments nécessaires. Après une journée entière de prises de vues, il s’est immédiatement attaqué au montage. Sélection des scènes, raccourcissement de certaines séquences, suppression de plans redondants : tout a été pensé pour respecter la durée finale imposée par le concours, soit une minute et vingt-neuf secondes. La voix off, les effets sonores, les ajustements de lumière et de couleurs, ainsi que l’ajout de textes et d’illustrations ont ensuite donné vie au projet.
Pour Tahina, les jeunes ont un rôle clé à jouer dans la sensibilisation aux risques naturels. Beaucoup possèdent des talents artistiques et des compétences qu’ils peuvent mettre au service de leur communauté. En combinant passion, talent et engagement humain — notamment l’empathie et la bienveillance —, ils peuvent créer des contenus pertinents et engageants. Et son conseil est clair : oser commencer avec ce que l’on a. « Je n’ai pas de matériel professionnel, j’ai réalisé cette vidéo avec mon smartphone », confie-t-il. Preuve que la motivation et le talent comptent souvent bien plus que l’équipement.




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