Rebecca D’Souza : L’art de créer et d’inspirer
- 19 déc. 2025
- 3 min de lecture

Rebecca D’Souza, passionnée d’art et d’écriture, a découvert sa vocation en 2019, plongée dans le monde des mots avec une profonde envie de partager ses émotions et expériences humaines. Son livre 89 Questions to the Moon, un dialogue imaginaire entre un jeune humain et la Lune, incarne parfaitement sa quête de sens. À travers ses poèmes et son personnage poétique, le daily human, elle explore la diversité des sentiments humains dans une écriture libre et intime. Aujourd’hui, après presque sept ans de création, elle continue de transmettre son art, notamment sur les réseaux sociaux, où elle trouve une plateforme universelle pour toucher ses lecteurs et diffuser la poésie de manière libre et authentique.
Vous avez publié un livre, 89 Questions to the Moon. Parlez-nous-en.
89 Questions to the Moon est né en 2019, à une période où je cherchais à donner du sens à ce que je vivais. J’étais loin de chez moi, dans un environnement culturellement différent, et j’avais ce besoin de me sentir à ma place, de me réconcilier avec moi-même. Mon “enfant intérieur” posait sans cesse des questions… que j’ai choisi d’adresser à la Lune. C’est ainsi qu’est né ce dialogue imaginaire entre un jeune humain et le grand satellite, qui a fini par devenir un livre.
Bien que classé dans la catégorie “littérature jeunesse”, ce n’était pas mon intention. Ce livre s’adresse à tout le monde. Il n’a pas de chapitres mais est découpé en différentes parties, et chacun peut y trouver quelque chose qui résonne avec lui. Certains lecteurs m’ont dit avoir été touchés par la simplicité du texte, d’autres ont trouvé qu’il manquait de densité… Ce retour m’a confirmé une chose : il faut toujours écrire ce qui nous semble juste, en accord avec notre cœur, et laisser les textes faire leur chemin auprès des lecteurs.
Vous faites également des vidéos sur les réseaux. De quoi s’agit-il ?
Oui, absolument ! J’ai actuellement trois formats. D’abord, des lectures d’extraits de mon manuscrit en cours, Look, See. Ensuite, Poetry Minute, une série où j’explique comment écrire des vers libres, un projet que j’ai mûri pendant un an avant de me lancer et qui me tient particulièrement à cœur. Enfin, PPS, pour Post-post Sunday.
Poetry Minute est né du désir de rendre la poésie accessible à tous. Les réseaux sociaux sont des vecteurs d’expression très puissants, et j’aime y partager cette forme poétique simple et universelle. Post-post Sunday a, lui, beaucoup évolué : il est passé d’une série d’anecdotes culturelles en 2019 à une approche plus poétique, avec l’introduction de mon personnage du daily human. Aujourd’hui, il a pris la forme d’Origins, où je parle de l’origine métaphorique et historique d’expressions et d’idiomes, principalement en anglais, mais j’envisage d’intégrer d’autres langues à l’avenir.
D’où vous vient cette passion pour la poésie et l’écriture ?
Elle est née d’un besoin d’appartenance et m’a révélé combien l’écriture peut être un processus naturel et thérapeutique. J’aime la peinture, par exemple, mais l’écriture a quelque chose d’inexplicable, une profondeur qui me touche particulièrement.
Alors que j’étudiais l’histoire de l’art, je passais déjà beaucoup de temps à faire des recherches et à rédiger. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé combien j’aimais écrire. En parallèle, j’ai lancé un blog, Zwazo lib, et j’ai commencé à écrire de la poésie en vers libres. Tout cela s’est fait très naturellement.
Ce que je trouve le plus précieux dans l’écriture, c’est qu’elle ne juge pas. Qu’il s’agisse d’un carnet ou de l’application “Notes” de mon téléphone, la page accepte toujours ce que j’ai à dire, même lorsque personne autour de nous n’est prêt à écouter.
Êtes-vous d’accord que les jeunes ne lisent plus ?
Je comprends ce que vous voulez dire, mais je ne dirais pas que les jeunes, ni même les adultes, ne lisent plus. Ils lisent, mais différemment. Aujourd’hui, nous consommons énormément de contenus visuels et rapides, souvent au détriment d’une lecture approfondie. Les algorithmes réduisent notre capacité de concentration : nous passons d’une vidéo à une autre, d’une légende à une photo, sans vraiment prendre le temps d’approfondir nos connaissances sur un seul sujet.
En résumé, ce n’est pas tant une absence de lecture qu’un changement de rapport à la lecture : plus de quantité, moins de qualité. Plutôt que de s’asseoir vingt minutes avec un livre, on préfère parcourir vingt flux différents sur nos téléphones.
À mon sens, il faudrait réapprendre à ralentir, à redonner de la valeur au temps que l’on consacre à une seule activité, comme la lecture. Les ateliers, clubs de lecture, ou même la poésie partagée sur les réseaux peuvent aider à réintroduire ce goût de la lecture en montrant qu’elle peut être à la fois accessible, moderne et profondément humaine.
Un mot de la fin ?
Je dirais simplement : écrivons, partageons et lisons davantage. La poésie, sous toutes ses formes, est là pour nous rappeler que nous ne sommes jamais seuls dans ce que nous ressentons.




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