Priyanka Soodhoo : Guidée par l’émotion
- 17 déc. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 22 janv.

Artiste et enseignante d’art, Priyanka Soodhoo ne crée pas seulement des œuvres : elle ouvre des chemins intérieurs, invite à ressentir et rappelle que l’art peut panser, éclairer et transformer. Son rôle marquant dans Rays of Life représente une étape essentielle de son parcours, où le courage artistique se mêle à une profonde humanité. Rencontre avec une femme qui fait de l’émotion une mission.
Priyanka a toujours cru que l’art peut éveiller ce qu’il y a de plus précieux en nous : la sensibilité, la présence, la lumière intérieure. Enseignante depuis une dizaine d’années, elle dégage une douceur tranquille, empreinte de conviction.
« L’art a cette capacité incroyable de toucher ce que les mots ne parviennent pas à exprimer », confie-t-elle. Formée en arts visuels, elle explore peinture, performance, art éphémère ou gravure — autant de langages pour rendre visible l’invisible. Mais au-delà des techniques, c’est le geste, le ressenti et le corps en mouvement qui guident son approche. « J’aime tout ce qui est tactile, vivant. Danser, cuisiner… Ces gestes simples me rappellent que l’art est partout, dès qu’on regarde avec gratitude. »
Chez elle, l’art n’est pas un univers séparé, mais une manière de vivre et de respirer. Ses élèves le sentent : elle enseigne comme on transmet un souffle.
Participer au film Rays of Life a été pour elle un tournant — non pas de carrière, mais de conscience. « Je me suis dépassée », dit-elle simplement. « Ce rôle m’a demandé du courage. »
Elle y incarne Nawmi, une femme moderne dont la relation amoureuse se transforme en enfermement. Le film aborde la violence émotionnelle, les silences et la pression sociale. Sujet délicat que Priyanka a abordé avec respect et humilité.
« Je n’ai pas vécu ces violences, mais j’ai voulu les ressentir pour les comprendre, pour leur donner une voix juste. » Aux côtés du réalisateur Stanley Harmon et de la productrice Ansuya Dewkurun, elle a exploré des zones de vulnérabilité rares. « Ils m’ont laissé aller au bout de mes émotions, sans franchir la limite qui me protégeait en tant que femme et artiste. »
Ce film, dit-elle, n’est pas là pour raviver les blessures, mais pour offrir une main tendue. « Parler, c’est déjà commencer à guérir. » Si une seule personne trouve du courage ou de l’espoir, alors tout aura eu un sens.
Avant ce rôle, Priyanka était surtout connue pour ses vidéos légères et son énergie créative spontanée. Rays of Life lui a révélé une autre dimension : celle de l’engagement émotionnel. « Je ne pensais pas que mon art prendrait un jour une direction aussi profonde. »
Elle a compris, parfois avec surprise, combien notre société valorise l’apparence plutôt que le sens. Mais ce film lui a rappelé l’essentiel : « L’art qui ne fait pas le buzz peut tout de même faire naître l’espoir. Et l’espoir, c’est une lumière plus précieuse que n’importe quelle visibilité. »
Pour elle, le cinéma n’est pas un outil pour briller, mais pour éclairer. « Nawmi n’est pas moi, mais j’ai dû lui donner mon cœur. » Cette phrase résume son engagement. Elle y a mis sa sensibilité, son honnêteté, sa foi dans l’humain.
Le tournage fut intense : longues journées, émotions à vif, fatigue physique. Et pourtant, jamais elle n’a perdu la gratitude. « Je n’étais pas une star sur un plateau. Je faisais mes tâches du quotidien, puis je revenais pour plonger dans mes émotions. » Une expérience brute, sincère, qui l’a transformée. « Heureusement, j’étais entourée. Ce soutien m’a portée. »
Pour Priyanka, Rays of Life dépasse le cinéma. C’est un miroir tendu à chacun. Dans la vie, dit-elle, on peut se sentir étouffé, jugé ou contrôlé — parfois sans que ce soit visible. Ces blessures invisibles marquent aussi profondément que les autres. « Il faut trouver le courage de dire bye bye Charlie », sourit-elle. Une phrase légère pour une décision lourde : choisir la paix intérieure, même si personne ne comprend.
C’est là, pour elle, la vraie force : se tenir debout, avancer, évoluer. « Chaque choix compte. Même les petits. » Et d’un souffle, elle conclut : « L’art n’est complet que s’il est un miroir pour se voir, ou une lampe pour se comprendre. »
Une phrase de Stanley Harmon, qui pourrait tout aussi bien être la sienne.




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