Plastic Tide Turners : Des jeunes engagés contre le plastique
- 5 mars
- 3 min de lecture

Dans plusieurs régions du sud de Maurice, la présence de déchets plastiques dans l’environnement est devenue une réalité visible. Bords de routes, cours d’eau, zones côtières ou terrains vagues : le plastique s’impose dans le paysage, souvent sans que l’on y prête attention. C’est face à ce constat que le programme Plastic Tide Turners a été introduit localement, avec pour objectif de sensibiliser et de mobiliser les jeunes autour de la lutte contre la pollution plastique.
Le projet est coordonné dans le sud par Pascal Speville, volontaire scout au sein du 1st Savanne Scout Group. Engagé depuis plusieurs années dans le développement communautaire, l’éducation des jeunes et les initiatives environnementales, il défend une approche ancrée dans l’action locale. « Quand on voit du plastique partout, on finit par croire que c’est normal. Pourtant, ça ne devrait jamais l’être », explique-t-il.
Plastic Tide Turners est un programme développé par le mouvement scout mondial pour répondre à un problème environnemental devenu mondial. Son objectif est clair : transformer la prise de conscience en action concrète. « La pollution plastique est un problème global, mais les réponses doivent venir du terrain », souligne Pascal. « Ce sont les citoyens qui vivent ces réalités au quotidien qui peuvent amorcer le changement. »
À Maurice, l’introduction du programme s’est faite dans un contexte marqué par une gestion encore inégale des déchets et un usage important du plastique à usage unique. « Dans certaines régions, notamment dans le sud, le plastique finit encore trop souvent dans la nature, les rivières ou près des habitations », observe-t-il. Avec le soutien de partenaires comme Bioculture Cares, le programme a pu être structuré localement et adapté aux réalités mauriciennes.
Les Scouts de Maurice jouent un rôle central dans Plastic Tide Turners. Ils bénéficient des formations et agissent sur le terrain. « Les scouts ne sont pas de simples participants. Ils apprennent, puis transmettent », précise Pascal. Grâce à des ateliers de sensibilisation, des échanges communautaires et des actions de nettoyage, ils deviennent des relais auprès de leurs familles, camarades et proches.
● Former les jeunes pour un changement durable
L’un des éléments clés du programme est sa structure pédagogique, organisée en trois niveaux : Entry, Leader et Champion. Le niveau Entry vise à introduire les bases et à susciter une prise de conscience des impacts du plastique sur l’environne-ment et la santé. Le niveau Leader développe des compétences pratiques et encourage la mise en œuvre d’actions locales. Enfin, le niveau Champion valorise l’engagement à long terme et le leadership communautaire. « Cette progression permet à chacun d’avancer à son rythme, tout en renforçant l’impact collectif », explique Pascal.
Dans le contexte mauricien, plusieurs défis spécifiques ont été identifiés. « Il y a encore un manque de sensibilisation au tri, au recyclage et aux alternatives au plastique », constate-t-il. L’usage excessif du plastique à usage unique demeure une problématique majeure, avec des conséquences directes sur la biodiversité, les milieux marins et la qualité de vie des populations.
Le choix de cibler prioritairement les jeunes est stratégique. « Les jeunes sont ouverts au changement et influencent naturellement leur entourage », affirme Pascal. « Ils peuvent devenir des vecteurs de transformation au sein de leurs familles et de leurs communautés. » En investissant dans leur éducation environnementale, le programme cherche à instaurer des comportements responsables sur le long terme.
Les ambitions pour l’avenir sont progressives mais claires. « Nous voulons pérenniser les actions, étendre le programme à d’autres régions du sud et renforcer les partenariats », indique-t-il. L’objectif est de passer d’initiatives ponctuelles à une dynamique durable, portée par les communautés elles-mêmes.
Pour Pascal, le changement commence souvent par un geste simple. « Réduire sa consommation de plastique à usage unique et en parler autour de soi peut réellement faire la différence », souligne-t-il. « Quand une personne change ses habitudes et en inspire d’autres, l’impact devient collectif. »
À travers Plastic Tide Turners, ce sont donc des graines de conscience et de responsabilité qui sont semées. Des actions modestes, mais porteuses d’un message fort : la lutte contre la pollution plastique commence là où chacun choisit de ne plus détourner le regard.




Commentaires