Plastic Odyssey : L’expédition qui inspire l’action
- 5 mars
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Responsable des escales pour Plastic Odyssey, Morgane Kerdoncuff sillonne le monde avec son équipe depuis plus de trois ans pour combattre l’un des plus grands fléaux de notre époque : la pollution plastique. Partie de France à bord du navire laboratoire Plastic Odyssey, l’équipe se rend là où le problème se fait le plus sentir pour comprendre ses causes, partager des initiatives locales et surtout montrer qu’il existe déjà des solutions, accessibles et reproductibles, pour réduire l’impact de nos déchets.
Plastic Odyssey est née en 2017 de l’initiative de deux jeunes officiers de Marine Marchande. Au fil de leurs voyages, ils ont constaté que la pollution plastique n’épargnait aucun coin du globe. Partout, sur les côtes, dans les ports ou le long des routes maritimes, le plastique s’accumulait, menaçant la vie marine et terrestre. Face à ce constat, ils ont décidé de créer une expédition autour du monde, non seulement pour observer le problème de près, mais surtout pour partager un maximum de solutions et inspirer l’action.
Selon Morgane, les dangers du plastique sont multiples. Il dégrade l’eau, perturbe les chaînes alimentaires et détruit la biodiversité. Pire encore, il pénètre dans le corps humain. Sous l’effet du soleil, du sel et du temps, les déchets plastiques se fragmentent en microparticules puis en nanoparticules, invisibles mais omniprésentes. « C’est une bombe à retardement chimique et environnementale », avertit-elle. Intégrées aux micro-organismes, ces particules remontent la chaîne alimentaire et se retrouvent dans notre organisme. Les scientifiques commencent à observer des impacts potentiels sur la fertilité, le risque de cancers ou le système neurologique, chez l’homme comme chez les autres espèces. « Nous sommes parmi les premières générations à grandir entourées de plastique depuis la naissance », rappelle Morgane, soulignant le manque de recul scientifique.
Contrairement aux idées reçues, l’équipe de Plastic Odyssey ne se concentre pas sur le ramassage de déchets en mer. Leur mission principale est la formation et la transmission de savoir-faire aux acteurs locaux qui traitent les plastiques à terre. L’objectif : transformer ces déchets en produits utiles — mobilier, matériaux de construction — grâce à des solutions simples, peu coûteuses et reproductibles. « Il s’agit de traiter le plastique le plus près possible de son lieu d’émission », explique Morgane, convaincue que l’action locale est clé pour réduire l’ampleur du problème.
Pour elle, la première action concrète que chacun peut mener est de limiter sa consommation de plastique à usage unique. Fruits, légumes, produits secs… autant d’achats qui peuvent se faire sans emballages plastiques si l’on prend le temps de s’informer et de chercher des alternatives locales. À chaque escale, l’équipe identifie des fournisseurs proposant des produits sans plastique. « Chacun peut agir à son niveau, dès le quotidien », insiste Morgane.
Une mission marquante a eu lieu récemment à Saint-Brandon, un archipel isolé de l’océan Indien. En partenariat avec Odysseo et The Raphaël Fishing Company, l’équipe a dépollué l’île Coco, la plus grande de l’archipel. Dépourvue d’habitants humains, l’île est pourtant envahie par des tonnes de déchets, qui, en se basant sur les courants, peuvent provenir d’Asie, d’Inde, de Chine ou de zones de pêche lointaines. Les courants marins transportent ces plastiques sur des milliers de kilomètres avant qu’ils n’atterrissent sur ces îlots protégés. Au total, plus de cinq tonnes de déchets ont été collectées. Une illustration concrète que la pollution plastique ne connaît pas de frontières : ce qui est jeté à des milliers de kilomètres peut finir sur des plages isolées.
Malgré ce constat alarmant, Morgane garde un message d’espoir. Partout où Plastic Odyssey passe, elle rencontre des artisans, entrepreneurs et associations qui inventent des alternatives, recyclent ou transforment les déchets. « Ce sont eux, les vrais héros de l’environnement », dit-elle. Ces initiatives prouvent qu’il est possible d’agir, à son échelle, sans attendre une action globale.
Son message final est clair : l’espoir existe, mais il repose sur l’union des efforts. « Unissons-nous pour lutter contre ce fléau, nous pouvons y arriver », conclut Morgane. Grâce à elle et à l’équipe de Plastic Odyssey, une certitude s’impose : les solutions sont déjà là, accessibles, et il ne reste plus qu’à les multiplier pour protéger notre planète.




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