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Ninah Ambinintsoa : Entre nostalgie et détermination

  • 11 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 janv.


Elle s’appelle Volahasiniaina Francininah Ambinintsoa, mais tout le monde l’appelle Ninah. À seulement dix-neuf ans, elle a quitté Madagascar, sa famille, ses repères et ses habitudes pour poursuivre un rêve : étudier à Maurice et construire un avenir meilleur.


« Ce n’est pas que chez nous il n’y a pas d’universités », explique-t-elle avec douceur. « Mais j’ai jugé mieux d’étudier à l’extérieur pour avoir plus d’options après. » Arrivée sur l’île en septembre, Ninah découvre peu à peu un pays nouveau, avec ses visages, ses paysages et son rythme. Et si la mer et la lumière

mauriciennes lui semblent familières, l’absence de ceux qu’elle aime se fait parfois lourde.


« C’est la première fois que je me détache de ma famille. Il m’arrive de penser aux bons moments passés ensemble et cela me rend nostalgique… mais il faut penser à l’avenir. »


Derrière ses mots, il y a la pudeur d’une jeune fille qui apprend à être adulte trop vite.


Chaque jour, Ninah s’adapte. Elle observe, écoute, apprend à se fondre dans ce nouvel environnement. « À Madagascar, je dormais très tôt, mais ici, comme je dois travailler en plus de mes études, j’ai dû changer mes habitudes », confie-t-elle. Qui plus est, trouver l’équilibre entre travail et études n’est pas simple, mais elle s’accroche : « Tout est dans le mental. Il faut simplement se rappeler pourquoi on fait tout ça. » Mais Ninah garde confiance.


Sa voix, douce mais assurée, dit beaucoup de la résilience de ces jeunes venus d’ailleurs, qui choisissent Maurice pour y bâtir leur avenir.


Heureusement, Ninah ne se sent pas seule. Depuis son arrivée, elle dit n’avoir jamais subi de discrimination. « Tous ceux que j’ai rencontrés ont été gentils. Quand je demande mon chemin, on m’aide toujours. Personne ne m’a refusé de l’aide. »


Son regard s’illumine quand elle parle de Maurice : « L’île est vraiment belle. Les paysages, les infrastructures, même l’organisation avec les bus et le métro, tout est bien fait. »


« Nous sommes tous des êtres humains »


Son témoignage rappelle que l’accueil mauricien, souvent vanté, prend tout son sens dans ces petits gestes du quotidien : un sourire, une explication donnée, une main tendue à quelqu’un qui cherche encore sa place.


Avant de conclure, Ninah veut adresser un message. D’abord à ceux qui oublient parfois que les étrangers ne sont pas des menaces, mais des personnes : « Nous sommes tous des êtres humains, même si nous ne venons pas du même endroit. Aujourd’hui, tu peux discriminer quelqu’un, mais demain, tu pourrais avoir besoin de cette personne. Mieux vaut être solidaires. »


Puis à ceux qui, comme elle, ont quitté leur terre natale : « C’est dur, mais souvenez-vous pourquoi vous êtes partis. Quand le manque devient trop fort, pensez à votre objectif, à la cause de votre départ… et continuez à avancer. »


Dans sa voix résonne la maturité de ceux qui ont dû grandir loin des leurs. À seulement 19 ans, Ninah incarne le courage tranquille de toute une génération de jeunes migrants venus chercher ici, non pas un paradis, mais une chance : celle d’écrire leur propre avenir. Elle parle avec la sincérité de ceux qui savent pourquoi ils sont là.

 
 
 

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