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Kewell Valery : Un slam pour briser le silence sur le bullying

  • 26 janv.
  • 3 min de lecture

Kewell Valery, un élève de Grade 12 au collège St Mary’s à Rose-Hill, s’impose déjà comme une voix percutante dans le monde du slam à Maurice. Son arme : les mots. Son message : lutter contre toutes formes d’injustice, y compris le bullying, un fléau trop souvent ignoré, et les inégalités de genre. Rencontre avec un jeune artiste qui transforme ses expériences personnelles en un cri pour la justice et l’empathie.


« C’est un combat que je veux mener », confie Kewell, parlant de sa participation à un concours de slam sur le bullying. « C’est un message aussi que je veux faire passer. Une vérité que je veux exposer. » Pour lui, le bullying n’est pas seulement une expérience individuelle, c’est un phénomène social, omniprésent et souvent sous-estimé, en particulier chez les jeunes. « On agit parfois sans savoir, ou on se fait bully sans même réaliser. Et c’était un sujet que je voulais adresser. »


Kewell connaît bien les deux faces de cette réalité. Victime de bullying par le passé, il admet également avoir été, à certains moments, oppresseur. Cette double expérience lui permet de comprendre le processus sous-jacent à ces interactions, et surtout, d’exprimer cette complexité dans son slam. « L’oppresseur, c’est celui qui inflige des coups ou des paroles. Parfois, il se défoule simplement sur quelqu’un, à cause de ses propres problèmes ou tourments. » La victime, elle, subit, parfois inconsciemment, et voit son mental fragilisé par les gestes répétés ou les mots qui semblent anodins.


Pour écrire son texte, Kewell s’est immergé dans ces deux perspectives. « J’ai écrit en deux jours, séparant les points de vue. Un jour pour l’oppresseur, un autre pour la victime », explique-t-il. C’était sa première expérience de slam sur scène, après un an à écrire des poèmes personnels. « Au début, j’écrivais sur moi, mes ressentis. Puis, progressivement, j’ai commencé à aborder des injustices, mais je ne les partageais pas. Quand le thème du bullying est arrivé, j’ai senti que c’était le moment de tenter quelque chose. »


L’apprentissage de la performance a été un défi. Sa participation au concours, proposée par le collège, a été encadrée par Timiss et il a reçu quelques conseils de Stéphan Sirop. Bien encadré, Kewell a appris à gérer gestes, pauses et rythme, transformant son stress en énergie sur scène et trouvant très vite un style bien à lui. « Au départ, je ne savais même pas qu’il fallait performer devant un jury. Pour vaincre mon trac, Timiss m’a aidé en me donnant l’occasion de pratiquer mon slam devant les élèves de plusieurs classes au collège ; ils me donnaient ainsi leur avis, ce qui m’a aidé à m’améliorer. Même sur scène, le stress voulait remonter, mais je me suis rappelé du message, et ça m’a aidé à le transmettre. »


Son slam, intitulé « Against Bullying », aborde non seulement l’impact direct sur les victimes, mais aussi la responsabilité des témoins. « Être spectateur et rester passif nourrit le bullying », insiste Kewell. « Filmer, rire ou ne rien faire renforce la cruauté. Il faut agir, comprendre, intervenir, même simplement en demandant à quelqu’un comment il se sent. »


Au-delà du texte, la performance elle-même est une victoire. « Pour moi, la victoire n’était pas simplement d’être premier, mais d’avoir été reçu, entendu, d’avoir capté l’attention et l’expérience des autres. C’était la confirmation que mon message avait touché. » Même face à de nouveaux épisodes de bullying dans sa vie quotidienne, Kewell transforme l’adversité en force. « Chaque épreuve devient une victoire, car elle m’apprend à réagir et à passer le message. »


Le message central de Kewell est simple mais profond : empathie et compréhension. « Il s’agit de se mettre à la place de l’autre. Nous sommes tous

humains, Mauriciens, et c’est dans cette unité que réside notre force, non dans la division. » À travers son slam, il invite chacun à réfléchir sur ses propres actions et à agir pour un monde plus respectueux et bienveillant.


Kewell Valery n’est pas seulement un jeune slameur talentueux. Il incarne une génération qui refuse le silence face au bullying. Avec des mots puissants et un courage certain, il démontre que l’art peut être un outil de transformation sociale, capable de toucher les cœurs et de provoquer des changements durables. Dans sa voix, chaque mot compte, chaque expérience résonne, et chaque message a le pouvoir de faire évoluer la société.



Son parcours


Sur scène, Kewell Valery a participé au concours organisé par le Rotary Club de Bagatelle le 7 septembre 2025, où son slam a remporté le premier prix. Cette prestation a également été présentée lors du workshop contre le bullying, organisé pour les jeunes par le Ministère de la Santé et le Ministère de l’Éducation le 16 septembre à Phoenix, ainsi qu’à l’ICJM le 3 novembre dans le cadre de la conférence-débat « Stop Bullying ».


 
 
 

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