Kersley Ramsamy : Un sacre inattendu au goût unique
- 29 janv.
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Être sacré jockey champion chez les Mauriciens, à domicile, a une saveur toute particulière pour Kersley Ramsamy. Un titre qu’il n’attendait pas forcément en début de saison et qui prend d’autant plus de valeur qu’il a été conquis dans un contexte loin d’être évident. Déjà sacré champion chez les apprentis en Afrique du Sud, Kersley a cette fois inscrit son nom au sommet du palmarès mauricien, au Champ de Mars, tout en étant l’un des jockeys les plus “clean” de la saison.
« Je ne m’y attendais vraiment pas », confie-t-il. La saison s’annonçait compliquée, notamment en raison de l’absence de courses réservées aux jockeys mauriciens. Une situation qu’il regrette profondément, estimant qu’elle pénalise la jeune génération. « Comment voulez-vous qu’un entraîneur donne une vraie chance à un Mauricien alors que le jockey titulaire peut monter ? Très peu le feront. » Pour lui, ce manque d’opportunités freine la progression et l’épanouissement des talents locaux.
Face aux critiques, Kersley tient aussi à clarifier un point : il n’est pas d’accord avec ceux qui estiment qu’il aurait profité des malheurs de Donavan Mansour pour être sacré. « Comme l’aurait fait n’importe quel autre entraîneur, Paul Foo Kune aurait pu faire appel à un jockey étranger pour pallier ce manque. Il a choisi de me donner ma chance. » Une confiance qu’il n’oublie pas et qui a marqué un tournant dans sa saison. Performant et régulier, il a su convaincre et s’imposer, course après course.
Ce sacre est synonyme d’une immense fierté pour lui, d’autant plus qu’il ne s’y attendait pas. « Pour être franc, dans ma tête, je pensais qu’il me serait déjà difficile de remporter une course cette année. Le destin en a décidé autrement. »
Sa saison a bien commencé grâce à une collaboration avec Carl Hewitson, un entraîneur qu’il connaît très bien depuis l’Afrique du Sud. « C’est lui qui m’a offert ma première monte là-bas en 2014, alors qu’il était assistant-entraîneur, et j’ai remporté ma première victoire sous ses couleurs. » Une relation de confiance qui a posé les bases d’une saison réussie.
Mais au-delà des résultats, Kersley retient surtout l’esprit d’équipe. Paul Foo Kune lui a parlé en début d’année et lui a assuré qu’il lui donnerait sa chance, avec de vraies montes et non de simples chevaux pour faire un tour de piste. « Au fur et à mesure que je remportais des courses, ma confiance montait davantage. »
Parmi les victoires mémorables de la saison figure celle de Brave Bomber face à Courtly, considéré comme un sérieux espoir. Il a également eu l’occasion de monter Wolf Mountain, ainsi que Cumbre Veija, aujourd’hui devenu un véritable “public horse”. Remporter un Groupe 1 avec ce dernier a donné une saveur particulière à sa saison. Les déceptions n’ont cela dit pas manqué. Il pense aux courses perdues au poteau, comme Summer Snow ou Superior Force. Autre moment difficile : la fièvre contractée par Cumbre Veija quelques jours avant la Coupe d’Or. « Mais cela fait partie du jeu. Il faut avant tout s’assurer du bien-être des chevaux, sans les forcer. »
Pour l’avenir, Kersley n’a pas l’intention de bouleverser sa méthode. « Comme je l’ai toujours fait, je vais saisir chaque opportunité à pleines mains et faire encore mieux. » Il envisage même de travailler dur pour monter plus léger lors de la saison 2026, pourquoi pas à 55 kg.
Il a également une pensée particulière pour Alain Perdrau, grâce à qui il a pu faire ses débuts au Champ de Mars, et avec qui il a connu une association marquante avec un cheval qu’il tient en haute estime, Rule The Night. Il a aussi une pensée pour Gavin Glover, qui ne lui a jamais refusé son soutien. Enfin, Kersley le dit sans détour : sans Paul Foo Kune et sa famille, il ne serait peut-être plus en activité aujourd’hui. « Toutes les portes étaient fermées ailleurs. »
Les remerciements occupent une place essentielle dans son discours. Il tient à remercier tous ceux qui lui ont apporté un soutien inconditionnel, que ce soit dans les courses ou en dehors : ses parents, sa famille, ses amis, ainsi que les personnes de la salle de sport qu’il fréquente régulièrement, où il entretient sa condition physique et suit son plan alimentaire. Il adresse un immense merci à Messieurs Paul Foo Kune, Brian, Joey et à toute la famille Foo Kune, à Carl Hewitson, à Nishal Teeha et Tejash Juglall, dont les retours ont été d’une grande aide. « Je ne peux pas monter tous les chevaux seul, et chaque feedback qu’ils m’ont donné a contribué à mes victoires. » Il n’oublie pas non plus les palefreniers, avec à leur tête Shailesh Doyal, pour leur travail acharné tout au long de la saison.
Avec le soutien indéfectible de la famille Foo Kune, Kersley Ramsamy aborde désormais la saison 2026 avec ambition, gratitude et une détermination intacte.




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