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Karola Zuël : Parler de plaisir et de protection sans tabou

  • 5 mars
  • 3 min de lecture

À l’approche de la Saint-Valentin, les discours autour de l’amour et de l’intimité se multiplient. Pour Karola Zuël, aussi connue sous le nom de Koze Karol, cette période est surtout une opportunité précieuse de parler de sexualité autrement : sans tabou, sans peur, mais avec responsabilité et bienveillance. Consultante et formatrice en éducation sexuelle positive depuis six ans, elle rappelle d’emblée que le sexe ne se résume pas à un acte.


« Quand on parle de sexualité, on parle de quelque chose de très vaste. Cela englobe la santé sexuelle féminine et masculine, le rapport au corps, les émotions, la communication, l’éducation sociale. Le sexe, ce n’est pas juste une action ou des parties intimes, c’est une manière de vivre et de se connecter à l’autre. »


● Pourquoi se protéger reste essentiel


Pour Karola, la protection est un pilier fondamental de toute relation intime. « Se protéger, c’est avant tout se protéger contre deux choses : les infections sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées. » Elle insiste sur le fait que la protection ne concerne pas uniquement les relations occasionnelles. « Même avec un partenaire que l’on connaît, la protection reste importante, surtout si l’on n’est pas prêt à accueillir une grossesse. »


Au-delà du préservatif, la consultante met l’accent sur un aspect encore trop négligé : le dépistage. « Faire un dépistage avant d’avoir des rapports sexuels est essentiel. C’est rapide, accessible dans plusieurs ONG et cliniques, et cela permet de connaître son statut. »


Elle rappelle aussi que certaines infections ne se transmettent pas uniquement par la pénétration. « Il peut y avoir transmission par le sang, la salive, certaines micro-blessures. Les risques sont parfois minimes, mais ils existent. D’où l’importance des pratiques de sexe sécuritaire. »


● Préservatifs : bien les utiliser pour qu’ils soient efficaces


Les préservatifs restent fiables à 99 %, à condition d’être utilisés correctement. « Les problèmes surviennent souvent à cause d’une mauvaise utilisation : utiliser deux préservatifs en même temps, en employer un périmé, ou le conserver dans une poche exposée à la chaleur. » Karola recommande de se procurer des préservatifs de qualité, disponibles en pharmacie, en supermarché ou gratuitement dans certaines ONG et centres de santé.


Elle rappelle également qu’il existe deux types principaux de préservatifs : le préservatif externe, le plus connu, et le préservatif interne. « Le préservatif interne est très intéressant, car il peut être mis en place plusieurs heures à l’avance et offre une bonne protection. »


Concernant les lubrifiants, elle insiste sur un point clé : « Les lubrifiants à base d’eau sont les plus recommandés. Évitez ceux très parfumés ou aromatisés, car ils peuvent déséquilibrer le pH vaginal et provoquer des infections. »


● Pimenter sa relation : la communication avant tout


Pour pimenter une relation, Karola est formelle : la communication est la base. « Beaucoup de personnes, surtout les femmes, n’osent pas dire ce qu’elles aiment ou ce qu’elles souhaitent vraiment. Or, le plaisir passe par l’écoute et l’échange. »


Elle encourage les couples à explorer des moyens simples pour raviver la complicité : jeux, discussions, changement de cadre. « Toujours faire l’amour au même endroit peut devenir monotone. Changer de lieu, dans un cadre privé et légal, peut déjà faire une grande différence. » Certaines pratiques plus avancées peuvent aussi être envisagées, à condition qu’elles soient consenties et discutées en amont. « Il faut poser des limites claires, parler de ses envies, de ses peurs, et surtout ne jamais se forcer. Le respect mutuel est non négociable. »


● Le message clé pour la Saint-Valentin


En cette période souvent associée à la performance et à la pression, Karola Zuël souhaite recentrer le message. « La Saint-Valentin, c’est avant tout la fête de l’amour, pas celle du sexe. Partagez un moment intime, sincère, sans obligation. » Elle met également en garde contre la consommation d’alcool ou de substances visant à “améliorer” les performances. « Mélanger certaines substances peut être dangereux pour la santé. Il faut connaître son corps et éviter de se mettre en danger. »


Son mot de la fin est clair et apaisant : « Communiquez, respectez-vous et souvenez-vous que le consentement et le bien-être passent avant tout. Une relation saine commence toujours par une parole libre et respectueuse. »

 
 
 

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