Inca Shady Mookoowallah : Renaître après le drame
- 15 janv.
- 3 min de lecture

Elle rentrait chez elle, ce 26 septembre 2019, sans imaginer une seule seconde que ce trajet ordinaire allait bouleverser son existence à jamais. À 18 ans, Inca Shady Mookoowallah voyait sa vie prendre un virage brutal, inattendu, irréversible. Un accident de la route, causé par un proche qui avait perdu le contrôle du véhicule, allait redéfinir son quotidien, son corps, mais surtout sa manière de voir la vie. Aujourd’hui, Inca a 24 ans.
« Je savais que quelque chose de grave allait se produire avant même qu’on m’annonce le diagnostic. Je ne sentais plus mon corps, et je n’avais même plus d’émotions », confie-t-elle aujourd’hui avec une lucidité désarmante. Le choc est immense. En quelques instants, tout bascule. Les projets, les repères, les certitudes s’effondrent.
Mais au-delà de la douleur physique, c’est un autre combat qui commence : celui du regard des autres. « Ce qui a été le plus difficile à accepter au début, ce n’était pas de ne plus pouvoir marcher ou bouger, mais le regard des gens », explique Inca. Un regard parfois lourd, maladroit, incompréhensif, qui blesse autant que les épreuves elles-mêmes.
Pourtant, dans cette tempête, elle n’a jamais été seule. Deux piliers l’ont aidée à tenir : sa mère et sa meilleure amie, Tracy Durhone. « Elles ont été là à chaque instant. Sans elles, je ne sais pas comment j’aurais tenu mentalement. » À leurs côtés, un autre soutien essentiel s’est imposé : son thérapeute. « Il n’était pas seulement mon thérapeute. Il a parfois été mon meilleur ami, mon psy, mon pilier. »
Avec le temps, Inca apprend à se reconstruire. Lentement. Profondément. Le chemin n’est ni linéaire ni facile. Il est fait de douleurs, de découragements, de périodes de dépression, mais aussi de prises de conscience. « Aujourd’hui, j’ai appris à pardonner, à lâcher prise, à me concentrer sur moi. Avant, je ne savais pas faire ça. »
Son regard sur la vie a changé. Ses relations aussi. « L’accident a soudé ma famille. Il y a aujourd’hui plus d’amour, plus de compréhension entre nous. » Quant aux jugements extérieurs, elle reconnaît qu’il y a surtout de l’incompréhension : « Les gens ne peuvent pas comprendre ce qu’on ressent s’ils ne l’ont pas vécu. Mais je n’ai jamais senti de rejet. J’ai été soutenue. »
Avec le recul, Inca parle de son parcours avec une maturité frappante. « Je suis très fière de la femme que je suis devenue. Malgré les douleurs, malgré les dépressions, je n’ai jamais abandonné. Je me suis renforcée. » Une force intérieure qui nourrit désormais ses rêves. Son projet ? Devenir psychologue. « J’ai toujours voulu l’être, mais aujourd’hui je comprends encore mieux les émotions des autres. Je veux aider, à mon tour. »
Son message au public est empreint d’espoir : « Le positif attire le positif. Soyez prudents sur la route. La vie est dure, mais il y a toujours de l’espoir, il suffit d’y croire. »
Et à celles et ceux qui vivent un accident similaire, ses mots résonnent avec une sincérité bouleversante : « Pa dekouraze, pa perdi lespwar. Pa gagn honte. Viv to lavi a fond. Pou ena bann zour kot to pou plore, kot to pou gagn douler, kot to pou perdi motivasyon, ouswa rant dan depresyon. Me kontinie avanse. Fer to lapriyer, aprann kontan to nouvo twa ek to nouvo lekor. Mo terapet ti toultan dir mwa : “Where there’s a will, there’s a way.” Sa fraz-la finn ed mwa vinn seki mo ete zordi. »
Quant au chauffeur impliqué dans l’accident, Inca confie avec beaucoup de maturité : « Au début, oui, je lui en voulais. Mais plus maintenant. »
Six ans plus tard, son histoire n’est plus seulement celle d’un drame, mais celle d’une reconstruction, d’une résilience silencieuse et d’une lumière qui continue de briller malgré les épreuves. Une histoire qui rappelle que, même lorsque la vie bascule, elle peut encore avoir un sens — et surtout, de l’espoir.




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