Autour de la cause animale : L’homme et l’animal, un même souffle
- 30 nov. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 21 janv.

L’Institut Cardinal Jean Margéot (ICJM) a accueilli une rencontre consacrée à la cause animale, réunissant des intervenants autour d’un objectif commun : sensibiliser à la souffrance animale et à la responsabilité humaine. Ouvert au public, l’événement a mêlé témoignages, perspectives culturelles et réflexions sur la place des animaux dans notre société, soulignant l’urgence d’un engagement collectif. En mettant en lumière les défis des défenseurs du bien-être animal et les dimensions éthiques du lien entre l’homme et les autres êtres vivants, la soirée a rappelé que chacun peut contribuer à encourager un rapport plus respectueux envers eux.
La première intervenante, Priscilla Moothien, fondatrice de l’ONG 4 Ti’Lapat et militante de longue date pour la protection des animaux, a partagé un témoignage aussi bouleversant qu’inspirant. « Jusqu’à mes 40 ans, je ne voyais pas la nécessité de m’intéresser à la souffrance animale », a-t-elle confié. Tout a changé lors des inondations de 2013, lorsqu’elle a recueilli des chiens égarés et affamés. Ce geste spontané de compassion s’est peu à peu transformé en une véritable mission de vie.
Aujourd’hui, son sanctuaire accueille plus de cent cinquante animaux, chiens et chats pour la plupart, sauvés de l’abandon ou de la rue. « Nous leur offrons une fin de vie ou un nouveau départ dans la dignité. Ils ont déjà été abandonnés une fois, cela n’arrivera plus », a-t-elle souligné.
Mais derrière cet engagement se cache une réalité difficile : « À Maurice, rien n’est gratuit pour les animaux. À part la mort. » Nourriture, soins vétérinaires, infrastructures — tout repose sur des dons et des bénévoles. Elle a appelé à la création d’une fondation nationale pour la cause animale, estimant que « nous avons des fonds pour les oiseaux et les escargots, mais pas pour les chiens ni les chats. Pourtant, eux aussi méritent protection et dignité ».
● L’hindouisme : un regard spirituel sur le monde vivant
La soirée s’est ensuite poursuivie avec Mansa Daby, fondatrice du collectif Monkey Massacre in Mauritius et passionnée de philosophie hindoue. Dans une présentation claire et documentée, elle a offert un éclairage spirituel sur la place des animaux dans la culture hindoue. « Le rapport entre l’homme et l’animal dépasse le simple respect », a-t-elle expliqué. « C’est une relation complémentaire, une union de forces qui maintient l’équilibre du monde. »
Dans le panthéon hindou, chaque divinité est associée à un animal — monture, compagnon ou symbole d’une vertu. Tigre, rat, serpent, éléphant ou paon incarnent des qualités humaines : force, sagesse, ruse, vanité ou maîtrise de soi. Elle a cité la famille divine de Shiva et Shakti, où chaque créature représente un aspect de l’énergie vitale. Le serpent, souvent redouté ailleurs, symbolise ici la Kundalini, énergie qui relie le corps à l’univers. Ganesha, à tête d’éléphant, incarne sagesse et bienveillance, tandis que le chien, fidèle compagnon des dieux, garde la lumière face aux ténèbres.
Les origines de cette vision remontent à la civilisation de la vallée de l’Indus, il y a plus de 5000 ans. Les premières représentations du dieu Pashupati, « maître des êtres vivants », montrent déjà un être en méditation entouré d’animaux. Pour Mansa Daby, cette image exprime la spiritualité hindoue dans sa forme la plus pure : une harmonie entre toutes les formes de vie. Elle a également évoqué le Ramayana, où le singe Hanuman incarne la dévotion et la loyauté absolue. « Dans cette histoire, l’animal n’est pas un serviteur, mais un ami et un égal », a-t-elle rappelé.
En citant le philosophe Plutarque — « Les récits mythiques ne sont pas de simples fables oiseuses, mais des images de vérité naturelle » —, elle a établi un pont entre les sagesses orientales et occidentales, rappelant que le respect du vivant est une valeur universelle.
● La compassion, un langage commun
Pour Priscilla Moothien, comprendre la souffrance animale, c’est aussi redécouvrir notre propre humanité. « Les animaux ne travaillent pas, ne touchent pas de salaire, ne vont pas faire du shopping. Ils dépendent entièrement de nous », a-t-elle souligné.
Au fil des interventions, une même vérité s’est imposée : l’homme ne domine pas la création, il en fait partie. Comme l’a résumé un participant : « Quand on regarde un animal avec amour, on se découvre soi-même. »
Cette rencontre à l’ICJM a démontré que la compassion peut unir les croyances, et que foi, philosophie et respect du vivant peuvent se rejoindre dans un même élan d’espérance. Car, au fond, sauver un animal, c’est sauver un peu de soi.
Animaux bénis lors d’une messe

À l’occasion de la fête de Saint François d’Assise, le saint patron des animaux, célébrée le 4 octobre, une messe a été dite en la paroisse de Notre-Dame de Lourdes, à Rose-Hill. Ce jour-là, les animaux domestiques et les plantes ont reçu une bénédiction spéciale du père John Razafimahatratra, symbole de gratitude envers toute la création.




Commentaires